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dimanche 5 septembre 2010
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Le Destin s’amuse
FACETIE DU DESTIN

 
A peine née, je perds un foyer, mais pour en trouver un second qui restera celui-ci le seul vrai berceau de mon enfance .De nature chétive, j’avais eu la malchance de naître la cadette d’une famille peu fortunée, pour ne pas prononcer le mot de misère. La seule richesse de mes parents résidait dans leur prénom respectif, chacun lourd d’un passé biblique, et cette hérédité spirituelle correspondait fort bien à leur croyance religieuse profondément enracinée en leur coeur de pauvres bougres :

Mon père se prénommait Joseph et exécutait le dur labeur de charpentier ! Ma mère quant à elle se contentait de porter le doux nom de Marie.

La ressemblance avec le couple fameux s’arrête au fait qu’il y eut bien un petit garçon qui naquit dans la pauvre demeure, que l’on baptisa Pierre, mais l’énorme différence fût que bientôt, au fil de chaque année qui s’écoulait,une petite fille voyait le jour et il n’en vint pas moins de six… !

Je me retrouvais la deuxième de la nichée…Le miracle de cette similitude de situation ne continua pas, afin de transformer la réalité ,de la dure vie de mes pauvres parents ,qui s’annonçait.

Mais à ma naissance nul ne pouvait prévoir l’avenir et mes malheureux géniteurs, loin d’imaginer la venue prochaine de toute leur progéniture octroyée par un destin aveugle, se trouvèrent confrontés à un problème fort difficile : de santé délicate, dépérissant de jour en jour, le médecin ne cessait de conseiller un changement d’air, seule panacée préconisait-il pour le bébé en survie que je représentais.

Mes parents dont les ressources d’exilés Polonais ne pouvaient être plus maigres, les fins de mois difficiles n’admettaient aucun écart, sous peine de réduire à presque rien la déjà trop modeste ration alimentaire de notre maisonnée.Pauvres gens qui se demandèrent tout d’abord comment pallier à leur dénuement, qui deviendrait forcément fatal à l’enfant malingre que Dieu leur envoyait.

Si mon père expatrié de ce pays de l’est se retrouvait sans aucune famille susceptible de lui venir en aide, dans cette période difficile, ma mère, quant à elle, possédait ses racines dans la région ; à une centaine de kilomètres de notre lieu de résidence, subsistaient dans la maison où elle avait grandi, tous ses souvenirs d’enfance, gardés bien précieusement par ma grand-mère.Cette aïeule vivait en compagnie de la soeur aînée de maman,et, bientôt, la solution salvatrice apparut naturellement. J’imagine alors ma mère, toute à la joie de sauvegarder cette minuscule source de vie qui s’enfuyait d’heure en heure, petit être fragile qui, à peine apparu au bonheur de ce monde, cherchait déjà à le fuir… !Maman, comme toute celle qui porte ce doux nom, tu fis preuve d’abnégation, oubliant la peine immense que tu éprouverais lorsque tu devrais m’abandonner, temporairement bien sûr et je t’entends murmurer dans un souffle à mon père, les larmes inondant peu à peu tes yeux si bleus :

 Certes, elle me manquera, mais nous l’emmenons le temps nécessaire afin qu’elle se refasse une santé chez ma soeur, là où j’ai fait mes premiers pas, il n’y a pas de place pour la maladie. Comme elle sera heureuse de vivre dans cette belle région de pâturages et de bois immenses, sous la protection affectueuse de notre chère Mémère !

Les caprices du destin décidaient que j’irais m’établir à une centaine de kilomètres de cette Allemagne dont j’ignorais encore l’existence mais qui ne tarderait pas, au fur et à mesure que je grandirais de signifier la peur et bien pire encore deviendrait tout simplement pour l’enfant que j’étais, synonyme de mort.Ma grand-mère me narra souvent avec forces détails comment se déroula le jour de mon arrivée à Guermange ,si bien que je croyais parfois y avoir assisté moi-même tant le spectacle dépeint par l’aïeule se colorait d’émotions ;peut-être parce que je connaissais maintenant les acteurs, leurs sentiments, je pensais les voir réagir suivant leur propre personnalité…et souvent, je me suis complue à imaginer et à revivre ce premier jour, comme celui de ma seule naissance véritable : les images qui imprègnent ma mémoire et mon coeur d’enfant ne possèdent-elles pas un seul et unique cadre :Guermange. La journée brillait de tous les feux de l’été, faut-il préciser qu’étant née le 14 Juin, nous nous trouvions à la mi-août, j’avais deux mois…

Demain je narrerai mon arrivée à Guermange
 
 

 
 
 
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