J’éprouvais une telle soif de savoir, tellement j’étais consciente de mon ignorance devant toutes les connaissances éparpillées dans l’univers. L’instituteur m’en donna quelque peu l’espérance, lorsqu’il fit à ma tante une promesse. Un matin, à la sortie de la messe dominicale, il s’élança vers ma parente et lui tint les propos suivants :
-Je tiens à vous féliciter Madame, Caroline est très douée, je suis prêt à vous aider afin qu’elle puisse poursuivre des études, elle possède les capacités requises et il serait vraiment dommage de les gâcher et d’en rester là !
Ma tante se rengorgea, mon succès scolaire rejaillissait sur elle…après tout, n’était-ce pas elle qui m’élevait ? Que de fierté je ressentis, pouvoir lui montrer enfin que j’étais bonne à quelque chose…Caroline "la rejetée" prenait sa revanche ! Mais ma mère adoptive rabaissa immédiatement le sentiment d’orgueil que la réflexion de l’instituteur avait allumé en moi :
-Pour les filles à quoi sert l’instruction ? Pour se marier, tenir un foyer et élever une ribambelle d’enfants, point n’est besoin de se retrouver bardée de diplômes ! grogna-t-elle.
Néanmoins, à mon grand soulagement, elle décida que je resterais une année encore à l’école du village, en attendant de trouver une solution. Mémère, à qui je m’étais ouverte de mon désir caché, m’avait consolée me confiant en grand secret, qu’il était question de m’expédier à la ville voisine, afin d’étudier au collège.
Quel baume, mon aïeule apportait aux paroles cruelles de ma tante, et quelles espérances elle m’ouvrait.
Malheureusement le destin en décida autrement.
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FIN DE LA PREMIÈRE PARTIE



