mardi 7 septembre 2010
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La fête continue
La Fête au village (suite)

 

Les critiques allaient bon train.

-Tu remarqueras que Robert se trouve plus à l’aise sur son cheval, que sur cette piste. Il ressemble à un gros nounours…même le garde chasse a sorti sa moitié, elle a encore grossi depuis l’année dernière, comme il transpire à vouloir guider ses pas correctement, quelle peine il a !


 regarde son visage, de grosses gouttes y perlent, quelle chaleur ! Il faut bien préciser qu’elle doit peser une tonne sa cavalière, aucun point commun avec les sylphides, oh là là, ils vont tomber,ouf, j’ai eu peur, tu as vu ? Ils ont frôlé la catastrophe.

-Tu es cruelle, rétorquais-je, mais à peine ces paroles tombées, je les regrettais ; en fait, je pensais comme mon amie, combien certains danseurs frisaient le ridicule ! Véritables pachydermes, ils se mouvaient avec une difficulté extrême, au milieu de la cohorte de leurs semblables, portés par des vagues successives formées par les autres couples, se noyant enfin à nos regards moqueurs ; engloutis bientôt par la foule occupant le centre de la piste, qui appartenait, bien que l’on put s’y tromper, à la danse, non au cirque !

Par contre, combien nous envions ces couples qui évoluaient tels des elfes, frôlant à peine le sol, pourfendant silencieusement la masse de cette assemblée si éclectique. Nous reconnaissions facilement les étrangers à la commune, ils venaient de la ville proche et se distinguaient par leur élégance toute citadine, rendant par leur simple présence, nos amis villageois un tant soit peu empruntés et tellement lourdauds.

Pauvres paysans, assurément mal à l’aise dans leur costume du dimanche, leur conférant un air empesé, qui n’avait rien de naturel. Comme je les préférais, les trouvant presque beaux, dans leurs pantalons de velours côtelé ou de toile grossière, tissu râpeux qui convenait mieux à la nature dans laquelle ils évoluaient, et avec laquelle ils faisaient corps. Riche terre de nos champs, se collant à leurs vêtements, engluant également leurs brodequins qui se devaient d’être solides pour marcher de longues heures dans les sillons de glaise ; leurs caractères s’assimilaient à l’apparence qu’ils offraient…rustres certes, mais combien riches en humanité ! Je les aimais, ils m’appartenaient, je pensais comme eux,je n’eus jamais honte d’être une des leurs…je préfère encore leur aspect grotesque parfois, à l’allure trop peaufinée et souvent trompeuse des gens de la ville ! Eux, je les connais, si l’enveloppe est épaisse, si solide à casser, je sais que sous cette carapace je trouverai un coeur immense, ouvert à toutes les amitiés… mais les minutes s’envolaient allégrement rejoignant déjà le Passé, nous rapprochant de l’heure fatidique où nous devions rentrer !

Je récupérais bientôt mes cousins, et réunis dans une même nostalgie, nous regagnions la maison. Comme j’avais le coeur gros de devoir quitter la fête qui battait son plein et nous retrouvions sur le pas de la porte ma tante qui nous attendait, vigilante.

Odette quant à elle, disposait de plus de liberté, se retrouvant seule, elle se mettait en quête de ses parents et terminait la soirée sous bonne escorte, étouffant ses rires incoercibles.

Le lendemain, Lundi, la fête se poursuivait plus calmement, les villageois pour la plupart reprenant leurs activités, et le soir, le bal clôturait les festivités pour une année.

Le Mardi, nous recommencions avec certaines difficultés, notre rituel d’écolier, la mine renfrognée, nous cheminions vers la maison du savoir, que trois jours de liberté et de jeux, nous avaient presque fait oublier !

mireille-cezard-tardy.fr

 
 

 
 

 
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