Rassurée par cette promesse, j’attendis fébrile qu’arrive enfin, le jour de délivrance, et un retour tant espéré vers les "Miens".
Les moqueries et mesquineries diverses de ma fratrie, me laissèrent de marbre, peu m’importait leur cruauté, s’ils ne m’aimaient pas, je le leur rendais bien, aucune tendresse ne m’attirant vers eux !
Lorsque je revins enfin dans mon cher village, je tombais littéralement dans les bras de Mémère, et, au plaisir que ma famille d’adoption me témoigna, je sus que cette mise à l’épreuve m’avait permis de comprendre cette évidence : eux, m’aimaient tout autant que moi je tenais à eux !
Émergeant de ce ces mauvais souvenirs, comme d’un cauchemar, j’entendis Mémère me déclarer :
-Caroline, je plaisantais, pauvre chérie, je ne pensais pas t’attrister de la sorte. Je ne recommencerai plus jamais, surenchérit la vieille femme, ébranlée par le mutisme qu’avait déclenché sa réflexion en apparence si innocente !
Allez, il nous faut terminer les gâteaux aujourd’hui, j’ai grand besoin de mon "marmiton". Comme tu as bien réussi cette tarte ! mets là sur ce plateau, que tes parents puissent admirer demain ton chef-d’oeuvre. Prends ce torchon et sors la brioche du four. Sous la férule de l’aïeule protectrice, plus le temps de pleurer sur un passé révolu, la cuisine réclamait toute mon attention et occupait maintenant toutes mes pensées.
J’ouvrais alors, la porte du vieux fourneau, qui avait vu défiler bon nombre de merveilles culinaires, durant ses années de service. Je ne pus m’empêcher de m’exclamer à la vue de la croûte dorée de la brioche rebondie : -quelle est belle !
Reprise par un labeur que j’affectionnais, j’oubliais, avec la faculté que possède les enfants pour passer à autre chose, les nuages qui avaient terni pour un instant, cette journée de préparatifs. Ces derniers se déroulèrent d’ailleurs fort tard dans la soirée, au milieu d’une joie retrouvée, entourée de ceux qui m’acceptaient comme une des leurs à part entière !
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