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mardi 7 septembre 2010
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Une famille biologique
Vacances avec mes soeurs et mon frère

 
Auprès de ces parents là, véritables étrangers, de ce frère unique et de ces cinq soeurs qui me regardaient telle une pestiférée, je pleurais presque constamment, tant je prenais conscience de mon affreuse solitude ! Dieu que je fus malheureuse, me croyant abandonnée de tous ces êtres qui m’aimaient vraiment !

Mon père que le labeur avait endurci, n’accordait aucune concession : de suite le dîner pris, tout son petit monde, véritable bataillon à la tête duquel il devenait général, prenait sans discuter le chemin du lit…

Rejetée, pour ne pas dire houspillée, le plus souvent par mes soeurs qui me jugeaient telle une usurpatrice de l’affection maternelle, me cherchant constamment querelle pour des broutilles…..Les disputes devenaient de plus en plus fréquentes à l’heure du coucher, lorsque nous nous retrouvions dans nos chambres, loin de tout arbitrage parental.

-Tu n’es pas notre vraie soeur, me lança un soir celle qui me témoignait le plus d’aversion, et qui portait le nom ingrat de Georgette.

-Sinon pourquoi Maman et Papa t’auraient-ils rejetée reprit Irène.

-Mais ils m’aiment, ils n’ont voulu se séparer de moi que parce que je me trouvais être un bébé fragile, réclamant le grand air !

-Taratata…persifla une autre de ces filles que je n’aurais pu accepter pour soeurs, même si leur accueil eût été plus charitable…Je ne ressentais aucune attirance pour ces petites pestes, seulement une indifférence où se mêlait quelque curiosité, comme pour des habitants d’une autre planète ! Mais cette méchanceté gratuite me touchait réellement.

Cette nuit là, je fus très longue à trouver le sommeil consolateur, les yeux rougis par trop de pleurs, réprimant à grand peine les sanglots qui me rendaient hoquetante ; mon amour propre souffrit énormément de devoir montrer à ces harpies, le chagrin qu’elles avaient réussi à déclencher !

Chez les enfants la compassion n’existe pas et la cruauté règne déjà en maîtresse souveraine ; je devenais vraiment le vilain petit canard dans cette nichée de cygnes arrogants…nulle part je n’avais vraiment ma place…ici…pas davantage que là-bas à Guermange….

Le matin du troisième jour de ces vacances forcées et combien déprimantes, je descendis pour prendre mon petit déjeuner, maman me scruta longuement sans mot dire, et s’attendrit devant une détresse trop évidente pour passer inaperçue. Son coeur de mère s’émut, et malgré les frais que ne manquerait pas d’occasionner un voyage de retour si rapproché, n’hésita pas à prononcer ces mots salvateurs :

-Nous te ramènerons dimanche prochain, prends ton mal en patience Caroline, tu les retrouveras ceux qui te manquent tant !

mireille-cezard-tardy.fr

 
 

 
 

 
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