mardi 7 septembre 2010
Tout déplier Tout replier

 
 

Préparatifs
Les préparatifs de la Fête

 
Le Maître d’école s’apprêtait à infliger la correction ; toujours muettes, mais néanmoins obéissantes, nous placions nos doigts collés les uns aux autres ; l’instituteur s’approchait de nous et à l’aide de la longue baguette de bambou, nous fustigeaitt à plusieurs reprises. Cette correction, était donnée plus pour la forme, en effet, les douleurs bien que cuisantes, s’avéraient supportables.

Notre orgueil en pâtissait plus sûrement, rouges de honte, nous écoutions religieusement le reste de la leçon. Le lendemain ou un jour très proche, nous ne pouvions pas éviter de récidiver, et nos bavardages coupables, reprenaient de plus belle !

La fête approchait et les préparatifs étaient déjà bien entamés….quinze jours…une semaine…trois jours avant le jour J.

A cette date, un habitant du village qui bénévolement s’occupait de l’organisation, louait ce qui constituerait la salle, où se déroulait le bal de clôture : un parquet de bois ciré, et des murs de toile, surmontés d’une immense bâche verte, constituaient un chapiteau idéal. Les musiciens et les danseurs, se trouvaient ainsi protégés de la pluie et de l’humidité, inhérente en cette saison dans nos régions.

L’automne s’installait peu à peu, son air piquant rosissait déjà nos joues, lorsqu’au petit matin nous longions cette construction de fortune, la lorgnant de toutes parts, en nous rendant en classe.

Notre curiosité enfantine aiguisée, nous espérions maintenant l’arrivée imminente des fameuses attractions…elles survenaient bientôt cahin caha, encombrant aussitôt les ruelles du village, pour s’agglutiner enfin, autour de la salle de bal, point chaud de toutes les fêtes….la place de notre bourgade devenait l’unique point de mire.

Les quelques carrioles multicolores venues de paysages lointains, offraient le spectacle le plus grandiose qui soit et le plus insolite qu’eût connue les enfants de la campagne que nous étions : nos yeux ébahis s’écarquillaient devant le manège de pousse-pousses. La baraque plus que misérable du vieux colporteur, nous offrait sur son étale, bon nombre de sucreries plus tentantes les unes que les autres ; ces modestes bazars constituaient à eux seuls, tout ce que nous connaissions en ce domaine, aussi s’auréolaient-ils d’un halo mirifique.

Le samedi précurseur du fameux dimanche que nous attendions depuis si longtemps, devenait jour férié ; trop excités à la vue des manèges et de toutes ces nouveautés fraîchement débarquées, nos ne pouvions rester sur nos bancs d’école ; l’instituteur, bon enfant nous donnait alors, champ libre…

Quant à moi, je demeurais à la maison afin d’offrir mes services, là aussi, il y avait branle-bas de combat…demain, les villageois, du plus aisé au plus démuni, accueilleraient parents et amis, qui à l’occasion de la fête, viendraient leur rendre visite ; venus parfois de très loin, tous, se faisait un devoir de les recevoir convenablement et leur préparaient des agapes dignes de ce nom.

mireille-cezard-tardy.fr

 
 

 
 

 
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