samedi 4 septembre 2010
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Branle-bas
La Fête au village

 
Durant la récréation, dans la cour d’école, des groupes se formaient et le sujet, invariablement portait sur le "Jour"….l’instituteur à la mine joviale, dont les yeux si pleins de bonhomie, me reviennent encore aujourd’hui, voulait pour un temps, prendre un air courroucé, afin d’arrêter nos bavardages intempestifs et les clins d’oeil malicieux, échangés durant les heures de classe.

Une atmosphère de festivités remplissait la salle d’études, la joie éclatait sur tous les visages…nous imaginions déjà la journée qui s’annonçait, extrêmement animée, remplie de flonflons et de ripailles…

Notre esprit vagabondait, tendu vers ce jour où nous dégusterions de si "bons petits pâtés" ! Ce met délicieux embaumait déjà l’école, un parfum pourtant bien particulier, où se mêlaient l’odeur de la craie et de l’encre….Ce plat typiquement régional, nous faisait saliver bien des jours auparavant, il se servait comme entrée chaude : représentant à lui seul, une véritable réussite culinaire, surtout, lorsqu’il sortait de mains expertes de mémère ; la pâte dorée et croustillante renfermait en son sein moelleux, un mélange de viandes, longuement macéré avec des herbes, oh combien odorantes ; la fabrication de cette gourmandise, constituait à elle seule, un luxe, réservé à ce seul jour de l’année !

Odette, qui se trouvait placée à mes côtés sur le banc scolaire, ne dissimulait pas non plus sa vive satisfaction au fur et à mesure que la date des festivités se rapprochait :

-Caroline, bientôt il y aura la guerre, papa me le certifie, aussi faudra-t-il profiter au maximum de cette fête, si les "boches" envahissent la Lorraine, nous ne pourrons plus en organiser aucune, et Dieu seul sait, jusqu’à quand ?

Je pâlis à cette simple évocation, et, malgré la crainte de déplaire à notre cher instituteur, je répondais en catimini à ma voisine :

-Ton père croit que la guerre va être déclarée, peut-être se trompe-t-il ?

-Il possède cette crainte fortement ancrée en lui, un peu comme un pressentiment inexplicable ! A la maison, nous en parlons tous les jours, maman s’affole à la seule perspective de revoir nos ennemis s’installer chez nous !

-Alors Odette et Caroline, pouvez-vous m’expliquer les raisons de ces "messes basses" Vous d’ordinaire si calmes, que vous arrive-t-il ?

Devant notre mutisme, le bon maître devint cramoisi sous l’emprise de la colère, et s’écria, nous clouant de peur, sur nos sièges :

-Puisque vous tenez à garder votre secret, montrez moi vos doigts que je vous inflige une punition largement justifiée ! Depuis un long moment je vous observe, et vous ne participez nullement à la leçon. Je ne sais quelles sottises vous nous préparez ?

mireille-cezard-tardy.fr

 
 

 
 

 
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