mardi 7 septembre 2010
Tout déplier Tout replier

 
 

Souvenirs
Mémère raconte ses guerres… la vie continue dans le petit village

 


 Mais heureusement, ajouta la grand-mère, il y a une fin à toutes choses….

-Imagine ma chérie, notre joie qui éclata, véritable délire collectif, lorsqu’on apprit la fin de ce conflit fratricide, et qu’en 1918, la Lorraine redevint Française ! Nous respirions enfin, le doux parfum de la liberté… cependant, que de morts nous pleurions pour l’avoir reconquise.

Je repense à tout ce que l’aïeule m’avait transmis ; je comprenais mieux pourquoi la famille nous éleva dans le culte de la France, et développa en nous, enfants, un patriotisme exacerbé. Conditionnés par tous les récits de nos anciens, nous craignions ces voisins qui avaient infligé de trop nombreuses souffrances aux nôtres ! Aussi les rumeurs de guerre, nous effrayaient elles plus particulièrement, nous les frontaliers….

Les événements de 1936 se tassèrent, rien n’allant pour autant très bien dans l’économie de notre pays, néanmoins, toute cette agitation que nous sentions gronder et peut-être enfler, laissait planer un malaise indéfinissable. Cependant mes préoccupations demeuraient infantiles…j’étais pardonnable, à dix ans les soucis des adultes ne nous appartiennent pas encore entièrement…j’en possédais de plus futiles !

Si nous commémorions souvent nos Saints Patrons,et, si nos sorties dominicales nous menaient invariablement vers l’Église, but principal de nos distractions, nous possédions néanmoins, l’occasion de réjouissances bien païennes celles-là : En effet, cette source de plaisirs ne portait pas vraiment de nom spécifique, pour tous c’était : "la Fête au village" !

Ne se référant à aucune date anniversaire, ne rappelant à notre souvenir aucun personnage célèbre, chaque village possédait sa propre fête. Nous allions de village en village, invités par des amis ou des parents, profiter des distractions diffusées en la circonstance ! Cette période nous permettait de donner libre cours à notre joie de vivre, et avait un unique but : nous apporter le bonheur si simple de vraies réjouissances, afin de rire de tout et de rien, sans arrière- pensées, comme tous les adolescents du monde.

UN VILLAGE LORRAIN EN FÊTE

Lorsqu’arrivait l’automne et son cortège de grisailles, nous possédions au coeur comme une espérance d’amusements, éléments quasi indispensables dans la vie d’un enfant et peut-être nécessaires à celle des adultes…Ce phare éclairant notre quotidien si monotone et parfois si rude, ne s’avérait être en réalité, qu’une simple date soulignée maintes fois au crayon rouge, sur le calendrier qui trônait sur le buffet de notre salle à manger . Deuxième dimanche d’octobre…immuablement depuis des années, la date restait inchangée ; nous oubliions le temps de la fête que nous demeurions pauvres dans un monde en ébullition, si fragile dans son équilibre…

mireille-cezard-tardy.fr

 
 

 
 

 
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