Raconte Mémère, pourquoi étions nous Allemands ?
-La politique, mon enfant ; ces messieurs du gouvernement tranchent sur des cartes géographiques appelées cartes d’état major, je crois, mais peu importe leur nom…..dans leur bureau entre deux verres, décident des limites d’un état, et les nomment frontières…sans se préoccuper des habitants de ces provinces déchirées ;
Pauvres pantins entre les mains des Grands de ce Monde…enfin tu réaliseras bien assez tôt, la réalité et la cruauté de cette Dame qui porte le nom de : Politique, et pour laquelle bon nombre d’humains jettent leur morale" au diable" afin de se retrouver en bonne place à ses côtés ! Afin de se saisir du pouvoir, que ne ferait-on pas ?
-Grand-mère, les hommes ne sont-ils pas un peu fous ? dans le plus profond de mon coeur je suis Française, alors pourquoi ces politiciens compliquent-ils toutes les évidences ?
-Pour une question d’intérêts, bien trop complexe pour une gamine de ton âge. Mémère l’air triste, revivait les épisodes douloureux :
-Quoiqu’il en soit, les lorrains et les alsaciens, mobilisés par les allemands, se retrouvèrent souvent face aux français : leurs amis, leurs parents parfois, chacun baïonnette au canon, obligés d’ouvrir le feu, malgré leurs sentiments personnels, afin de sauver leur peau, comme ils disent, une seule hésitation leur coûtait la vie….
-C’est atroce, inhumain même, comment Dieu si juste peut-il permettre de telles luttes fratricides ?
-Il a sûrement ses raisons, peut-être cherche-t-il à punir les êtres de leur vanité, en les amenant à reconsidérer les valeurs authentiques ! Le goût de la simplicité et d’un bonheur paisible au sein du cercle familial !
-La guerre, continuait la vieille femme, véritable maladie pestilentielle, gagnait du terrain peu à peu, s’intensifiant chaque jour. La Bête avec ses énormes tentacules, arrivait subrepticement, sa panse s’enflant jour après jour, de ces corps sans vie, appartenant aux deux nations ennemies, enfin mêlés dans le silence de la mort…frères enfin pour l’éternité ! La réalité si funeste, rejoignait les cauchemars les plus effroyables, ne tenant compte d’aucun sentiment. mireille-cezard-tardy.fr


