samedi 4 septembre 2010
Tout déplier Tout replier

 
 

Marie
Un mois béni : le mois de Marie

 
Pourquoi l’Église Catholique a-t-elle privilégié la Vierge plutôt que la mère ? ….comme si la maternité pouvait entacher la Femme en général…. je ne veux pas entamer la polémique….à cette époque là, Caroline ne se posait même pas l’ombre d’une question….notre héroïne possédant "la foi du charbonnier".

Aujourd’hui encore, les paroles du cantique que nous chantions à cette occasion, me montent aux lèvres, et aucune ne m’a échappée, le restituant dans son intégralité :"C’est le mois de Marie, c’est le mois le plus beau….etc…je vous fais grâce de la suite. Nombreux sont les lecteurs qui compléteront…

Chaque premier Dimanche de Mai, la douceur du printemps s’ornait de ces mots si naïfs, mais tellement beaux dans leur sincérité ; nous accrochions ces guirlandes mélodieuses, les lançant de nos voix claires, un peu partout aux alentours. Ce jour en était sanctifié, nous ressentions si profondément ce que nous chantions, imprégnés de ces paroles désuètes qui nous paraissaient être la seule vérité….La lumière du jour elle-même, s’en trouvait embellie ! Tout resplendissait d’un éclat quelque peu miraculeux.

La mère du Christ, occupait en effet une très grande place dans nos vies et nos pensées : aussi l’église, cultivait- elle ce culte par de nombreuses fêtes dédiées à la Sainte Femme, qui pour nous Catholiques, représentait un modèle de vertus, prenant sans difficultés, la tête d’un long cortège de Saints.

Le 15 Août, fête de l "Immaculée Conception", reste mémorable pour la petite fille élevée dans la religion comme je le fus.

Comment lorsque j’y repense, ne pas laisser éclater ce jour à ma mémoire : plein de fleurs et de soleil, il chante encore en mon coeur. La veille, tout le village, les vieillards s’aidant de leur canne et les plus petits aux pas combien hésitants, s’unissaient dans une même volonté, conjuguant leurs efforts afin d’élaborer des chapelles, un peu partout dans l’agglomération…à qui porterait une planche là, à qui nettoierait la rue de toutes souillures ; tâche vraiment ardue, lorsque l’on sait que les troupeaux salissent sans discontinuer la chaussée et que l’on devait balayer à chaque nouveau passage ! Mais à la fin de la journée, tout resplendissait de netteté afin d’accueillir l’hôtesse de marque, que le lendemain, l’astre solaire, gratifierait de ses rayons les plus chauds.

En ce jour, nous sortions la statue de plâtre, reproduction grandeur nature, de la mère de Jésus, restée confinée dans l’obscurité de l’église….une lente procession alors démarrait, menant l’auguste personnage à travers les différentes rues du village…marquant une pose, à chaque emplacement où s’élevait une chapelle provisoire érigée par nos soins, et sur chaque nouvel autel, une prière glorifiait la Sainte.

 
 

 
 

 
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