mardi 7 septembre 2010
Tout déplier Tout replier

 
 

Noël
Noël, Fête religieuse

 
Nous étions des enfants, véritable pâte à modeler, prêts à accepter toutes les belles histoires, qu’elles soient religieuses, historiques, ou de tout autre nature….j’en reste un témoin privilégié….

La piété motivait seule, cette fête, et Noël représentait vraiment la naissance du Sauveur pour la petite fille que j’étais. Jésus, une fois venu à la vie, se manifestait alors, à nous , les enfants….Mis à part le Seigneur, nul, en ce jour béni n’existait. Nous devions assister avant toutes les manifestations de sa bonté, à la Messe de Minuit ; dans notre ferveur puérile, nous ne doutions à aucun instant de ce miracle qui se renouvelait chaque année…

Comme elle resplendissait notre petite Église ce soir là : mille feux scintillaient de toutes parts…la magie se nichait partout ; la crèche aux personnages impressionnants, me dominait par sa taille gigantesque…les chants gonflaient, émouvants dans le ventre de ce lieu saint, et, dans l’enthousiasme général, nous attendions l’accomplissement d’un événement tout naturel : la naissance du Christ.

Avant minuit, le lit de paille fraîche auprès duquel priaient Joseph et Marie, se trouvait vide…mais lorsque les cloches de ce sanctuaire, résonnaient allégrement, le bébé de plâtre vagissait dans son berceau improvisé et , à toute volée, le sonneur annonçait aux alentours, la nouvelle formidable.

Les sons cristallins de nos lourdes cloches s’amplifiaient peu à peu, pour devenir bientôt assourdissants. Ce tintamarre quasi divin par son ampleur exceptionnelle, nous rendait tremblants d’émotion, et nos poitrines d’enfants s’enflaient d’une crainte mystique, où se mêlait une réelle satisfaction : nous venions d’assister, modestes témoins, à ce miracle perpétuel….

Les jeunes du village, filles et garçons groupés dans le choeur pour la circonstance, chantaient à pleins poumons, des chants liturgiques, où perçaient la joie et la magnificence de l’avènement biblique. Parfois mon esprit fort imaginatif, croyait devenir l’enfant tant attendu, et je me racontais cette histoire à moi seule, après tout : mes parents, les vrais, ne s’appelaient-ils pas Marie et Joseph ? Mon père n’était-il pas charpentier ? Très pauvres nous aussi nous remplissions donc vraiment toutes les conditions ! Dommage, mes comparaisons s’arrêtaient au moment où je repensais que je possédais un frère et de nombreuses soeurs, dont une , parlait de me tuer…puis étant de sexe féminin ,je ne pouvais prétendre être le Messie.

J’émergeais de ce mirage, alors que toute l’assistance dans un grand bruit de chaises bousculées, se levait à la hâte, afin de repartir vers un foyer respectif…accompagnée, par des psaumes pleins d’allégresse. Une fois à l’extérieur, nous affrontions le froid vif de la nuit, le coeur empli d’un espoir d’irréalité….

 
 

 
 

 
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