samedi 4 septembre 2010
Tout déplier Tout replier

 
 

Un cadeau
Une Histoire racontée par Mémère, cadeau supplémentaire….

 
Pour quelles raisons, nous les adultes d’aujourd’hui, que les vagabondages de l’esprit ont rendu heureux, voulons-nous à tout prix, faire reculer, l’âge béni de l’illusion. La télévision, instrument funeste entre tous, détruit à plaisir l’âme enfantine pour nous rendre, oh ! tristesse, un homme robotisé !

Toute la soirée qui suivait le passage de l’illustre personnage, nous n’osions toucher aux fruits, et nous nous contentions de les humer sans cesse : les figues et les dattes gonflées de sucre, les oranges dorées….

Le plus beau cadeau que je pensais posséder, je tenais à le partager avec mémère, la seule à mon esprit, digne de recevoir un tel présent…et, j’étais heureuse, alors, de me démunir d’une orange, bien entendu, qu’elle refusait à chaque fois…consciente de mon sacrifice, mais je la harcelais tant et si bien, qu’elle cédait en acceptant enfin l’agrume si odorant.

-Mémère, à ton époque recevais-tu de si beaux présents ?

-Oh non, St Nicolas possédait une hotte quasiment vide, tant il était démuni, aussi, nous contentions nous, d’une belle histoire ;

-Laquelle mémère, raconte nous la, s’il te plaît,

-Oui, en cette nuit de la St Nicolas, je vous l’offre en cadeau :

Nous nous précipitions alors, tous vers l’aïeule pour la couvrir de baisers, nous étions comblés :

-Arrêtez par pitié les enfants, vous m’étouffez et je ne pourrais plus vous dire ce beau conte, si la respiration me manque ;

-Alors taisez-vous et écoutez sans m’interrompre :

-Il y avait un jour, trois petits enfants qui s’en allaient glaner aux champs, ils étaient très pauvres, encore plus que vous ; mais la nuit tomba trop vite, et les surprit loin de leur chaumière, ils ne retrouvèrent plus leur chemin, et bientôt se perdirent…..Ils pleuraient, se serrant les uns contre les autres, affolés par les différents bruits qui leur parvenaient de la forêt, ils craignaient par-dessus tout, les loups affamés qui rôdaient aux alentours…Mais après une marche interminable dans l’obscurité, ils sautèrent de joie : là-bas, non loin d’où ils se trouvaient, brillait une lumière minuscule…guidés par cet éclairage providentiel, ils parvinrent enfin, devant une immense maison…là, ils se crurent sauvés des dangers de l’obscurité .

Les enfants frappèrent à la porte gigantesque, celle-ci s’ouvrit, livrant le passage à un homme, d’une stature impressionnante ; il invita ses jeunes visiteurs à pénétrer dans la cuisine :

-Je suis boucher, voilà l’explication à tous ces couteaux que vous voyez suspendus en peu partout dans cette pièce….ayant priés les enfants de s’asseoir, l’hôte, affable, servit une collation fort bien accueillie par nos jeunes affamés. Une fois restaurés, ces deniers montrèrent des signes de fatigue, tombant presque de sommeil, tant leur journée avait été éprouvante pour leurs petites jambes ; aussi, le boucher, prévenant, désigna bientôt une chambre, où les trois enfants s’endormirent bientôt dans uns un lit des plus confortable.

 
 

 
 

 
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