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mardi 7 septembre 2010
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Bonheur d’enfant
Quel bonheur : St Nicolas est passé……

 
Je m’enhardis alors, voyant que le Grand Homme ne pouvait qu’être très bon, et plein d’indulgence ! vous pensez ! il en fallait pour avoir épargné du fouet ces petits chenapans, car il n’aurait pas fallu répertorier, toutes les sottises, qu’accumulaient mes cousins en une seule année ! Oh là là ! le père Fouettard aurait eu beaucoup de travail !

"Prenez bien garde à vous bon St. Nicolas, ne tombez pas en descendant les escaliers" lui lançais-je d’une toute petite voix,alors que l’émotion m’étreignait.

Cet habitant du ciel, touché par tant de sollicitude, se retourna et se pencha alors jusqu’à moi, me gratifiant d’un baiser sur la joue…. Je recevais, ce soir là, le plus merveilleux des présents et, souvent durant l’année, je me surpris à toucher cette partie de mon anatomie, que cet envoyé du ciel avait daigné effleurer de ses lèvres divines.

Père Fouettard laissa tout de même, pour justifier son passage, quelques baguettes sur la table, s’adressant à nos parents de sa grosse voix bourrue : -Voilà de quoi corriger les enfants désobéissants….

La porte se referma alors, sur ce beau conte…qui berça tant d’années de mon enfance ;

Nous restions cois, émus en regardant les oranges, preuves tangibles de ce passage surnaturel :

-Mémère, sens, comme elles sont parfumées, elles poussent au paradis ! Je ne cessais de renifler ces fruits venus du ciel. Il faut préciser qu’à cette époque de l’année 1934, nous ne goûtions à de tels fruits qu’à l’occasion de la St. Nicolas et de Noël…..aussi, imaginez notre bonheur de recevoir ce don rarissime, que représentaient ces pommes à la peau orangée…

Maintenant lorsqu’il m’arrive de penser à cette période de ma vie, je regrette seulement que la profusion de tant de douceurs, de trop de tout, en somme, ait gâché le don de s’émouvoir, à l’ enfant d’aujourd’hui.. Maintenant, que faudrait-il offrir à un de nos garnements, pour qu’il s’estime enfin satisfait ?

Nous, avec une modeste orange, nous nous trouvions comblés…son odeur à elle seule, nous ravissait…à partir d’elle le rêve commençait ! Nous dialoguions avec les Saints, côtoyant le Merveilleux, c’était notre Paradis, celui que l’ Enfance seule, peut générer, malgré toutes les difficultés alentour…

En 2009, les enfants deviennent peut-être trop rapidement des adultes, et la faculté de croire à l’extraordinaire leur est retirée, dès leur plus jeune âge…Pourtant les "tout petits" fortunés ou nécessiteux possèdent en commun une richesse éternelle : le RÊVE !

 
 

 
 

 
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