mardi 7 septembre 2010
Tout déplier Tout replier

 
 

La St Nicolas
"La St Nicolas" occasion de multiples émotions enfantines

 
St Nicolas se trouvait là, tout près de moi….Je n’eus guère le loisir de penser au sort qu’il me réservait ; m’apercevant seule enfant, au centre de la pièce, il s’adressa naturellement à moi, m’apostrophant même, par mon prénom, d’une voix très douce à peine audible, tant mes oreilles bourdonnaient et mon corps tremblait, je l’entendis comme dans un rêve :


 Caroline, nous commencerons d’abord par toi, tu me parais la plus courageuse de cette maisonnée !

Et de me mettre aussitôt à genoux, tel un automate, bredouillant un peu, je parvins à grand peine à prononcer la prière que cette maudite angoisse refoulait sans arrêt, au plus profond de mon arrière gorge… -….ainsi-soit-il"

Voilà, ouf, j’y étais parvenue malgré tout, j’étais sauvée….

-Bien, ma petite Caroline, tu travailles correctement à l’école, je suis content de toi, maintenant au tour de Marie-Thérèse :

Ma cousine, écarlate, bafouilla un "Notre Père" incompréhensible, tant elle se trouvait intimidée.

-Bon, tu le sauras mieux l’année prochaine, tu es encore bien petite, la consola-t-il en lui donnant une caresse sur la joue qui, de cramoisie vira aussitôt à une pâleur extrême……

-Au tour des garçons, sortez immédiatement de votre cachette, je vous ai vu, chenapans que vous êtes : J’attends votre prière.. et, les deux gamins, pas fiers en la circonstance, ne trouvèrent qu’à rétorquer :

" nous les avons oubliées…"

-Ah ! Ah ! faut-il que le Père Fouettard vienne vous rafraîchir la mémoire ? je vous fais grâce pour cette fois, mais l’année prochaine, pas d’excuses, compris les garçons ? Les deux fautifs baissaient les yeux, honteux, dorénavant ils retinrent leurs prières. La remontrance de St. Nicolas, ayant davantage porté ses fruits, qu’une correction de son acolyte….

-Si je vous récompensais, poursuivait le Saint Homme, d’après vos mérites personnels, Caroline seule, aurait le droit à une surprise agréable, mais enfin….

Chaque enfant mis au supplice, se trouvait comme paralysé, cette prière que nous connaissions par coeur se gommait dans notre mémoire , qui nous lâchait alors ; Émotion, tu devenais la seule fautive…St.Nicolas compréhensif le devinait, aussi pardonna-t-il les lacunes de chacun, et pour nous faire oublier ces mauvais moments, il déposa dans le panier que ma tante lui avait tendu à cet effet : quelques oranges, des pains d’épice à l’effigie du Saint, parfois un paquet de figues et un autre de dattes…le tout, bientôt distribué à chacun d’entre nous, avec parcimonie certes, mais justice, par ma tante….

-Oh ! m’exclamais-je, émerveillée par toutes ces douceurs qui arrivaient directement du ciel, et qui devenaient mon bien personnel : une richesse à nulle autre comparable !

-Nous devons partir, reprit St. Nicolas, après nous avoir observé en silence, lors de la distribution des cadeaux ; nous possédons sur notre liste, un si grand nombre d’enfants à visiter, et la nuit s’écoule si rapidement !

 
 

 
 

 
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