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samedi 4 septembre 2010
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Voyageurs insolites
Le plus beau souvenir : St Nicolas

 
Ces voyageurs de l’insolite annonçaient leur venue à l’aide d’une petite clochette, et nous guettions tous les bruits, amortis bien souvent par la neige, en ce mois de Décembre. Nous étions à l’affût du moindre pas qui s’éloignait sur la route, déçus que ce ne soient pas encore ces hommes, au parfum de surnaturel…..

Enfin, une clochette tintinnabule dans la nuit glacée, figés, nous scrutons la porte d’entrée, j’appelais encore mémère au secours, tremblante d’émotion :

-Mémère,vite, dis-moi, que devrais-je faire quand ils seront là, demandais-je affolée à l’aïeule amusée….

-Rien de bien particulier, St. Nicolas te demandera sûrement de réciter une prière, avant de te donner en juste récompense de ta sagesse, quelques friandises !

-Et si je ne la sais plus ? si je l’ai oubliée…interrogeais-je terrorisée

-Alors, tu devras rendre des comptes au Père Fouettard lui-même ;

-Oh, va-t-il m’emmener en enfer ?

-Mais non rassurait alors mémère devant mes craintes…il te donnera une petite fessée ; et l’enfant que j’étais, de supplier le ciel avec toute la ferveur de ses 6 ans.

-Mon Dieu, je vous en conjure, aidez-moi afin que je me souvienne de ma prière….

Un bruit de pas qui s’arrête devant chez nous, la porte s’ouvre, les voilà enfin : Le Grand St. Nicolas pénètre le premier dans le pauvre logis ; éberlués par ces visiteurs de l’Au-delà, nous ne bronchions pas, comme pour me donner un peu de ce courage qui diminuait au fil des minutes, je regardais autour de moi, à la recherche de mes cousins, ils avaient disparu…..bientôt j’aperçus Marie-Thérèse, dans un coin de la salle, que la lumière épargnait et laissait dans une pénombre rassurante ; pas de garçons, où se trouvaient-ils donc, ces grands courageux ?….un grattement, en provenance de dessous la table, me désigna la cachette de nos deux froussards !

Je demeurais donc seule, devant les envoyés du ciel, pétrifiée par l’émotion ; comme St Nicolas était beau ! impressionnant dans son habit immaculé, surmonté de sa mitre, immense bonnet d’or, symbolisant sa charge d’évêque ; pour l’aider à marcher, vu son grand âge, il s’appuyait sur une crosse étincelante. Mémère m’avait bien expliqué que ce bâton magique, évoquait le rang que ce grand personnage occupait dans l’Église ; mais je pensais à ce moment précis que cet objet devait servir d’excellente canne à ce vieillard majestueux…il venait de tellement loin, la route avait dû être si difficile, avec la neige qui tombait en bourrasques cinglantes ; le vent sifflait si fortement à travers les volets, cherchant à s’infiltrer dans la tiédeur de la pièce, par les interstices disjoints, et j’imaginais facilement, la virulence de la froidure, en cette nuit de la St-Nicolas.

Mais lui, notre bon Saint, quitterait bientôt cette moiteur, pour s’élancer dans la tourmente , au devant d’autres enfants, tout aussi anxieux de sa venue, que nous, nous l’avions été précédemment ; je me le représentais, le coeur en peine, luttant contre les éléments, sur une route rendue dangereuse par le gel…mais l’autre personnage qui se trouvait à ses côtés, me ramena bientôt à la réalité de l’instant,et, je frissonnais. Ah ! c’était donc lui, ce vieillard sinistre, tant redouté des polissons ; son costume, quant à lui, se révélait aussi dépouillé et gris que son visage, seule une très longue barbe blanche, lui servait d’ornement, tel m’apparut ce Père Fouettard, tant abhorré de nous tous !

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