samedi 4 septembre 2010
Tout déplier Tout replier

 
 

L’Enfance
Je grandis au fil des saisons, dans cette région Lorraine……

 
Nature, tu représentais mon amie la plus hospitalière….Souvent accompagnée de mes cousins, je courais dans les champs à la recherche de quelque nourriture pour nos lapins et leurs constituions à leur insu un mets royal…Aussi nous les gavions d’herbe grasse et de pissenlits frais ; le dos courbé nous revenions vers la maison familiale…

Le fardeau dont nos sacs regorgeaient, nous faisait trébucher à chaque enjambée, cette tâche comptait parmi nos obligations vis à vis de la maisonnée toute entière ; nous l’acceptions gaiement car nous prenions, une fois la cueillette effectuée, un plaisir immense à regarder à travers leur clapier, nos amis, savourer en roulant leurs yeux, le repas succulent que nous leur procurions. Cette récompense nous suffisait pleinement et, à chaque fois nous y prenions un bonheur sans cesse renouvelé !

La vie se déroulait, emplie de multiples peines et de menues joies pour la petite fille qui grandissait….

Toutefois, dans cette grisaille quotidienne, nous bénéficions, nous les enfants, d’un chapelet de jours merveilleux qui s’égrenaient, étincelants : perles rares, que nous avons assemblées dans nos souvenirs, enfermées pour toujours, dans un coffre à bijoux inviolable : notre mémoire.

LE PLUS BEAU SOUVENIR : St NICOLAS

Le 6 Décembre, représentait le trésor le plus précieux et dans mes réminiscences, il restera le plus scintillant…

St. Nicolas visitait en ce jour exceptionnel tous les petits Lorrains. Nous l’attendions l’année entière et ce soir merveilleux, nous l’espérions le coeur battant ; en effet, sa visite était fort aléatoire, si nous avions été trop désobéissants, lui, qui du ciel voit tout, ne se dérangeait pas pour venir jusqu’à nous… De plus un homme fort laid, l’accompagnait et parcourait les chemins, visitant les demeures avec lui : aussi craint que le grand Saint été aimé par nous, le petit peuple des enfants, il portait un nom fort imagé, qui laissait facilement présager de son rôle "Père Fouettard" ; sa hotte à lui, contrairement à celle de St.Nicolas , ne nous attirait guère, avec ses fouets et ses verges dont nous apercevions parfois, une lanière de cuir , aussi imaginions nous, facilement sa morsure, sur les parties rebondies de notre anatomie…Tout ce matériel repoussant, destiné à corriger les enfants turbulents et désobéissants, nous donnait froid dans le bas du dos !

La première fois que je rencontrais ce couple hétéroclite, j’en garde encore l’image précieusement enfouie au plus profond de moi-même : j’approchais de mes six ans et ma mémoire reconstitue intacte cette vision que j’ai eu des deux hommes, qui arrivaient tout droit du ciel :

 
 

 
 

 
Accueil     |    Plan du site     |    Espace rédacteurs     |    Se connecter