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samedi 4 septembre 2010
Tout déplier Tout replier

 
 

Le temps s’écoule
J’apprends à vivre au contact des autres….

 

La maman d’Odette, se réjouissait de me voir exprimer un si grand bonheur devant une pâtisserie. Aussi, m’en faisait-elle parfois la surprise :

-Oh une galette, une Chalande ! la "fameuse" celle du conte….j’en rêvais si souvent que de voir ce gâteau devant moi, tenait de l’irréel.

La première fois que Madame François m’en offrit une portion ,j’éprouvais quelques scrupules à mordre, dans la pâte encore brûlante…l

J’éprouvais mauvaise conscience de savourer un tel délice sans le partager avec les miens. Le trouble, qui remplaça bientôt ma grande satisfaction, n’échappa pas à mon hôtesse…elle comprit aussitôt, et comme pour répondre à ce désir non formulé, me consola très vite par ces paroles

-Caroline, il va sans dire que le reste de la galette, tu l’emporteras, afin de la faire goûter à ta famille….

Pour toute réponse, les yeux brillants de reconnaissance, je m’engouffrais sans remords alors, le succulent dessert, avec la bénédiction de ces chers amis. N’oubliant pas en la circonstance, de me lécher tous les doigts, geste fort déplacé, pour lequel grand-mère me sermonna, lorsque je lui relatai l’incident, en rentrant à la maison.

-Mémère, c’était tellement bon que je n’ai rien voulu laissé perdre.

-Caroline, réprimanda mémère, tu n’es plus un bébé, une jeune fille telle que toi, voyons, invitée de surcroît, ne se comporte pas telle une goinfre ! même si tu mourrais de faim, tu dois faire en sorte que personne de ton entourage ne s’en aperçoive, la gloutonnerie n’a jamais fait partie du savoir-vivre.

-Le Savoir-Vivre, c’est quoi ?

-Plusieurs manières de bien se comporter en public et je dois commencer à t’en apprendre les principaux rudiments.

-Rudiments ?

-Notions, si tu préfères.

Voilà comment grande-mère m’enseigna l’art de devenir une jeune fille bien éduquée et je pris un grand plaisir à appliquer de mon mieux les principes inculqués, afin de pouvoir connaître un jour le savoir-vivre dans son intégralité. Éducation, qui avait suscité cette remarque, quelque peu ironique de la part de ma tante :

-Mémère, ce n’est pas une Princesse notre Caroline, la vie de pauvreté qui l’attend se passera de telles futilités !

-Qui connaît l’avenir de chacun de tes enfants, sûrement pas toi, rétorqua l’aïeule courroucée : et retiens ceci, ajouta-t-elle en s’adressant à moi :

-La connaissance sert toujours, quel que soit le milieu où nous évoluerons par la suite, rien n’est jamais perdu sur le chemin de la vie, où Dieu t’aura placée . Souviens toi un jour tu piocheras dans ta mémoire, et avec satisfaction tu y retrouveras les enseignements de ton enfance, qui te seront toujours d’une grande utilité.

Ma tante que la seule évocation de Dieu avait calmé, ne chercha plus jamais à s’immiscer dans l’éducation que s’ingéniait à me prodiguer la vieille femme. Comme nous tous, elle respectait sa mère, qui, si elle ne parlait pas beaucoup, possédait toujours le mot juste, détenant la sage philosophie que seule l’âge aidant, l’humain détient un jour.

Depuis ce fameux accrochage, plus aucun commentaires déplaisants de sa part, et ainsi, je pus continuer à assimiler les bonnes manières.

 
 

 
 

 
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