» En passant par la Lorraine ADIEU MEMERE (2ème Partie) » Amour quand tu nous tiens !
 
samedi 4 septembre 2010
Tout déplier Tout replier

 
 

Amour quand tu nous tiens !

 
Insouciante du courroux de ma tante, tellement heureuse d’y avoir échappé pour cette foi-ci, je brandis sous le nez de la vieille femme, le présent qu’un homme avait choisi à mon intention, fière d’être l’objet d’une telle sollicitude.


 Pouah ! quelle odeur épouvantable ! s’écria l’aïeule, évite de trop en asperger tes vêtements, tu ne feras jamais croire à ta tante que ce parfum si entêtant, appartient tout simplement, à ta nouvelle savonnette !

L’opinion de mémère en domaine parfumerie m’importait peu, je connaissais trop ses goûts pour le naturel. Ce soir tout me réussissait, et le fait de me soustraire à" la vindicte familiale", m’incitait à réfléchir quant à l’élaboration de nouveaux mensonges, susceptibles de masquer d’autres rendez-vous ! Comment me dérober à la vigilance dictatoriale de ma tante, afin de renouveler l’expérience de cette soirée. Difficile la clandestinité, aussi notre amour, se contentait-il de rencontres furtives ; suffisamment épris, nous ressentions le besoin, de précipiter l’évolution naturelle du penchant réciproque, qui nous jetait dans les bras l’un de l’autre !

Combien de fois ai-je sorti de sa cachette, profitant d’un instant de solitude , le parfum, témoin secret, qui représentait à lui seul, le gage d’un sentiment exceptionnel ; je n’osais l’ouvrir longtemps, de crainte que ses effluves trop capiteux, ne viennent trahir et divulguer mon cher tourment.

Nous avions convenu de nous rencontrer un seul jour dans la semaine, afin de ne pas donner l’éveil à notre entourage. Or, un de ces soirs, fameux entre les autres, où je me languissais loin de l’aimé, une de ces heures bénies où je le retrouvais, Robert arriva en retard à notre rendez-vous. Le fait ne lui étant pas coutumier, je pensais aussitôt, le coeur chaviré, qu’il m’oubliait, que notre belle histoire s’achevait, dépitée, les larmes aux yeux, je m’apprêtais à regagner le village. Avec une joie indicible, je l’aperçus soudain, ombre rassurante, déboucher à une allure folle de derrière un bosquet d’arbres ; mon coeur battait au rythme du sien, Dieu soit loué, je m’étais trompée, il m’aimait toujours ! A son visage défait, si énigmatique soudain, je pressentis un malheur terrible, et, la peur au ventre, je l’entendis me déclarer, encore hors d’haleine :

-Ma petite chérie, si tu savais, nous allons devoir nous quitter ! Je ne le laissais pas terminer sa phrase, fébrile je le questionnais avec des sanglots dans la voix :

-Pour quelles raisons ?

Atterrée à la seule perspective de ne plus le revoir, j’avais blêmi et impatiente, je quêtais une explication, que je pressentais déjà :

mireille-cezard-tardy. fr

Phrases coup de poing : Enfant, je n’aimais guère écrire sur la page de gauche du cahier, je préférais et de beaucoup celle de droite, lisse et nette comme la peau du nouveau-né, celle dont l’envers ne portait pas encore les stigmates des mots. Lorsque j’entamais, ravie, la feuille vierge de toutes traces, je me promettais de lui réserver le meilleur style, l’orthographe la plus soignée.
 

recettes Mémère
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