» EN PASSANT PAR LA LORRAINE (1ère Partie) » Amour d’une Aïeule
 
mardi 7 septembre 2010
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Amour d’une Aïeule
Une grand-mère comme je souhaite à tous les enfants du monde

 
Mémère, combien tu as adouci notre enfance. Cette nuit là, nous nous endormîmes en souriant, pour une fois, nos estomacs satisfaits, le charme de tes histoires se prolongeait et ne s’achèverait qu’au petit matin.

Qu’il est doux le bonheur de se savoir aimé, et, je devinais que cette grand-mère là, me portait quant à elle, une affection sincère, consolation dérisoire ,mais incommensurable pour moi, la nièce et non pas la fille de la maison. Le sort m’ayant placée là, un peu comme un cygne au milieu d’une couvée de canards…et, lorsque je connus l’histoire du "vilain petit canard", je le comparais tout de suite à mon cas personnel, m’assimilant tout à fait au personnage.

Ma tante me prenait souvent comme exutoire à ces malheurs conjugaux, cette femme pourtant au coeur généreux, ne me ménageait pas les gifles, et, parfois même, je devais cacher aux autres enfants du village les marques laissées par les coups. Par fierté, je mentais, quant à la provenance de ces "bleus", blessures indélébiles cependant dans mon souvenir. Mes géniteurs, venaient de temps à autre, prendre de mes nouvelles ; mais ne les connaissant pas, je n’éprouvais aucun sentiment envers eux, seulement un peu de crainte pour ces étrangers qui avaient le droit de m’emmener, loin de tout ce à quoi j’étais attachée !

Lorsque j’atteignis mes huit ans, je possédais déjà quatre soeurs et un frère, élevés loin les uns des autres, nous ne pouvions ressentir des liens fraternels, et l’affection, tissée par une vie commune, s’avérait inexistante.

Un certain dimanche reste souligné de rouge dans ce livre qu’est une mémoire, et s’imprime tel un fer brûlant dans mon coeur d’enfant : lors d’une visite de ma famille, après le déjeuner pris en commun, alors qu’il était déjà question de retour, une phrase me tira des larmes amères ; ma soeur, enfin, une des nombreuses que je possédais, Jeannette pour ne pas la citer, et que maman avait amenée avec elle, afin de mieux me faire accepter, énonça cette proposition fort étrange à mon encontre :

-Maman, emmenons là à la maison , nous pourrons la tuer… ! Me désignant du doigt, elle avait lancé, ces mots cruels, le plus naturellement du monde : je me trouvais une fois de plus, clouée au pilori. Des larmes cuisantes perlèrent alors au bord de mes cils, je suppliais Dieu de ne pas permettre qu’elles coulent sur mes joues, afin que le triomphe de ma soeur en soit quelque peut terni ! Une gifle cinglante retentit alors, afin de punir l’instigatrice d’une telle cruauté, mais ce châtiment eût, pour seul effet, de renforcer encore le ressentiment qu’elle nourrissait à mon encontre, et, un regard haineux vint étayer ma conviction.

Horrifiée, je ne comprenais pas encore pourquoi je me retrouvais confrontée à tant de méchanceté, honteuse de je ne sais quel méfait, je partis me réfugier auprès de mon seul soutien d’enfant perdu : grand-mère, toujours prête à une caresse, à une parole réconfortante : oreille attentive et disponible pour écouter mes plaintes.

Heureusement, un bon génie t’avait placée à mes côtés chère Mémère, il avait également crée un lieu que j’aimais par-dessus tout : l’école.

 
 

 
 

 
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