mardi 7 septembre 2010
Tout déplier Tout replier

 
 

Un cadeau d’amour !

 

Caroline mit à jour un véritable objet d’art, sa préciosité l’intimidait presque, elle n’avait jamais posé ses doigts sur une telle splendeur !

-Quel beau flacon ! m’exclamais-je, vite je veux le sentir !

Après avoir soigneusement replié le papier doré qui avait enluminé le présent si fameux, j’ouvris la bouteille minuscule, une fois le bouchon finement ciselé soulevé, une odeur très forte me suffoqua tout d’abord, m’obligeant à tousser.

-Oh ! que c’est surprenant, je ne suis pas habituée, forcément dis-je comme pour m’excuser du recul instinctif du début. Vous savez, ce parfum est le premier dont je sens les effluves, lorsque je me trouverai loin de vous je ne pourrai pas vous oublier, il deviendra le témoignage de votre amour ; vous m’aimez, n’est-ce pas ? balbutiais-je soudain, étonnée de ma propre audace.

Le sourire de Robert illumina alors, son visage d’enfant, trop rapidement appelé à des responsabilités lourdes pour lui, et je fus immédiatement rassurée :

-Mais oui, je t’aime, et j’attendrai que tu sois un peu plus âgée afin de t’épouser, et t’emmener dans ma chère Alsace, que tu apprécieras à sa juste valeur, lorsque tu connaîtras cette région ! Pour sceller ce serment merveilleux, si plein de promesses, je reçus mon premier véritable baiser.

Un parfum, un baiser, un rendez-vous, que d’événements extraordinaires dans une seule soirée ; pour ce premier mensonge aussi, je tremblais à l’idée que ma tante ait pu le découvrir. Sur le chemin qui me ramenait à la maison, je préparais déjà un petit laïus afin d’excuser un tel retard, si inhabituel de ma part. Il faisait nuit noire et jamais un travail, chez notre cher épicier, ne m’avait retenu aussi longtemps, loin de la maison familiale.

Fort heureusement, ces temps troublés facilitèrent ma rentrée tardive ; ma tante, trop inquiète des bruits qui se répandaient sur la guerre, s’était rendue chez des voisins, écouter les informations à la T.S.F.

Ainsi, ne s’aperçut-elle pas du désordre régnant dans ma coiffure, moi toujours si ordonnée, ni des éclats bien particuliers, qui scintillaient au fond de mes yeux. Seule Mémère me lança, non dupe dur les raisons de ce retour tardif :

-Tu as le ciel avec toi Caroline, si ta tante était revenue avant, rien que ta vue aurait fourni une explication suffisante à cette arrivée si inhabituelle. Si elle savait, je n’ose imaginer ?

mireille-cezard-tardy.fr

Phrases coup de poing : Cette prose dont je ne me lasse jamais, me ramène invariablement vers elle, telle une drogue. Je lui ai tout donné, sans restrictions, mes pensées mouillées de larmes, mes joies échevelées aussi ! Toutes mes espérances, elle les connaît ! Confidente, elle sait mes aspirations les plus secrètes !
 
 

 
 
Accueil     |    Plan du site     |    Espace rédacteurs     |    Se connecter