dimanche 5 septembre 2010
Tout déplier Tout replier

 
 

Une histoire d’amour

 


 Mémère, je pense que je suis amoureuse !

-De qui grand Dieu, et à 13 ans en plus ?

-Du nouvel instituteur, bafouillais-je


 Il ne manquait plus que ça, bien sûr, j’aurais dû deviner et établir la corrélation, et lui ?

-Lui ? Il est tellement merveilleux, ses yeux sont si clairs…

-Non, ce n’est pas ce que je souhaitais te faire avouer ! Lui, s’aperçoit-il que tu existes ?

-Heureusement, je l’espère de tout mon coeur, j’en serais si triste.

-Mignonne comme tu le deviens, en effet, il devrait être aveugle pour t’ignorer, marmonna mémère, enfin je crus entendre ceci, tellement la phrase avait été énoncée doucement, intentionnellement bien sûr, ne me recommandait-elle pas très souvent de ne jamais éprouver le moindre orgueil de mon apparence physique. Selon elle, tout partait du coeur et la seule vraie beauté demeurait invisible ! Or, par cette simple réflexion, elle se démentait. Trop absorbée par ce sentiment encore méconnu, et, qui submergeait toutes mes pensées maintenant, je n’y prêtais aucune attention, une seule idée m’obsédait : revoir Robert !

-Surtout, recommanda mémère me ramenant brusquement sur terre, prends bien garde à ce que ta tante ne l’apprenne pas, tu recevrais, je peux te le garantir, la plus belle correction de ton existence !

-Oh mémère, tu garderas mon secret ? suppliais-je

-Idiote, je serai muette comme une tombe, me rassura la tendre aïeule en me donnant un baiser.

Voilà, j’étais comblée, je possédais le témoin idéal, de cet amour tout neuf : l’aïeule chérie !

La première nuit, de ce jour mémorable où je venais de rencontrer le sentiment éternel, en fût fort agitée. J’éloignais tout ce qui ne se rapportait pas à l’objet de cet embrasement, la guerre s’estompait, emportant dans ses flancs les cauchemars de ces derniers jours. A mon insu, seule son ombre gigantesque, étendait sur nous tous, son squelette aux bras décharnés, nous enserrant comme dans un étau meurtrier, d’où nul ne s’échappait ; pour excuse, j’avais l’âge de l’oublier, pour ne l’avoir jamais connue intimement, et je m’endormis enfin, le doux visage de l’être aimé, flottant dans mes rêves !

mireille-cezard-tardy.fr

PHRASE COUP DE POING : Tous, se disputaient tes modestes trésors. Toi partie, ils pillaient tes souvenirs, brûlaient les photos qui te rappelaient ces voyages. Devant un tel spectacle, je savais que j’allais de moi-même, jeter au feu mes albums, déchirer mon journal intime, éparpiller au vent, le reste de ce qui faisait une Vie : Ma Vie. Je venais de toucher, du bout de l’âme : l’Impermanence des choses !
 
 

 
 
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