dimanche 5 septembre 2010
Tout déplier Tout replier

 
 

Caroline amoureuse
Caroline en prise d’un sentiment nouveau

 

A la question de l’instituteur, Caroline répondit :

-Non, vous avez raison, je suis effectivement Caroline, éberluée moi-même d’entendre cette voix, la mienne, que je ne reconnaissais plus.

Une autre personne parlait à ma place, je ne maîtrisais plus mes réactions, la sensation nouvelle de pincement que je ressentais alors au milieu de l’estomac et qui me cloua littéralement sur place, m’était encore parfaitement inconnue ! ainsi figée, je demeurais telle une attardée, bouche bée devant mon interlocuteur. Que m’arrivait-il ?

Ne s’étonnant point de mon attitude embarrassée à l’extrême, "Il" poursuivait toujours souriant, ne me quittant pas un seul instant du regard, sous lequel d’ailleurs, je me sentis devenir écarlate.

-Quant à moi, mon nom est Robert, Robert Kieffer, j’aurais grand besoin de vos services pour me seconder auprès de ces petits diables, dit-il tout en désignant d’un signe de tête, la nichée de gamins braillards qui occupait les bancs, réservés au cours préparatoire, et d’où s’élevait, un tumulte assourdissant.

Voilà comment tout avait débuté le jour même, à la sortie de l’école : mon instituteur, un enfant à peine plus âgé que moi, m’avait retenue, prétextant avoir besoin de mes lumières et rouge de confusion, je m’étais enfuie, heureuse d’un bonheur tout neuf, comme je ne l’avais jamais été.

C’est auprès de mémère tout naturellement, que je me rendis afin de confier, les joues rosies par ce bonheur inconnu, indécent même, en cette période si troublée : mon doux secret, à peine naissant, je voulais le crier à tous !

-Mémère, l’amour comment vous atteint-il ? peut-on reconnaître à certains indices que l’on est amoureux ?

-Oh ! ce sentiment est inexplicable : foudroyant n’importe qui, à n’importe quel moment ! répondit l’aïeule avec un vague sourire aux lèvres…quels lointains souvenirs faisaient resurgir brusquement mes questions et quel amour disparu, flottait en ce moment, dans l’oeil soudain allumé de mémère. Soudain, oubliant de vagues réminiscences, elle se reprit, tout en me lançant un regard rempli de suspicion :

-Pourquoi me poses-tu aujourd’hui précisément, de telles questions Caroline ? Je suppose que l’amour n’a pas été le thème principal en classe pour cette première journée ? Te voilà bien guillerette, et je te trouve bien jolie ce soir, oui même radieuse ma chérie.

Cramoisie, sous le regard inquisiteur et tellement perçant de grand-mère qui lisait tous les sentiments sur mon visasge, je me lançais à corps perdu dans la confession qui me brûlait la langue :

mireille-cezard-tardy.fr

PENSÉE COUP DE POING :

Ton absence m’était insupportable. Or, je pleurais surtout le fait, que tu ne pourrais plus admirer un coucher de soleil, entendre le chant d’un rossignol, rire des culbutes des bébés écureuils, qui s’introduisaient subrepticement dans le jardin, afin de grignoter les noisettes, que tu leur dispensais à profusion. J’avais vieillie prématurément, je ne pouvais plus dire "Maman".

 
 

 
 
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